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Publié par Jean-Marie Bernardi.

Election départementale : le Var en camaïeu de bleus.

Dans le Var, « la gauche gouvernementale » a disparu de l’échiquier politique. Le PS a perdu dix cantons, fait marquant le rejet des politiques menées par l’exécutif français et son premier ministre Manuel Valls.

Les deux candidats de gauche restés en lice au second tour face à un binôme FN, à La Seyne (PCF-Gauche avenir) et à Garéoult (PS) ont été battus. Dans ces deux cantons le FN a bénéficié d’un report de voix de droite important : 2000 voix à La Seyne et 1000 voix à Garéoult ; ceci confirmant la porosité grandissante entre l’UMP et l’extrême droite….Comment pourrait-il en être autrement au regard des déclarations de certains responsables UMP comme J.S Vialatte qui tweettait : « Les casseurs sont surement des descendants d’esclaves. Mais ils ont des excuses. Taubira va leur donner une compensation. » Ou bien P. Vittel qui incarne toujours plus les idées du FN en marchant en permanence sur ses plates-bandes…Ou bien J.Pons qui a récupéré les voix de l’extrême droite à Brignoles en cédant aux desiderata du lepéniste Lopez sur les repas de substitution par exemple.

Par contre si la droite UMP/UDI l’emporte dans notre département c’est grâce à un bon report des voix républicaines et progressistes qui ont conscience de l’origine et de l’ambition du parti de la caste Le Pen. Seuls ces comportements responsables ont permis de faire barrage à la vague brune qui néanmoins s’implante et tisse dangereusement sa toile dans notre département.

Ainsi le Var devient un grand camaïeu de bleus marquant l’hégémonie de la droite aux affaires depuis 1983 et de la percée de l’extrême droite. Je crains que cette situation ne se traduise dans les faits par une austérité aggravée et des reculs des missions locales.

Dans un contexte d’austérité et de surenchère de la part de N. Sarkozy (*), comment la population varoise ne subirait-elle pas des attaques redoublées contre les politiques de solidarité, d’action sociale, éducatives ?...Comment les services publics ne seraient-ils pas attaqués ainsi que les domaines de la culture ou celui du secteur associatif ?...

Sur le canton du Luc en Provence, le duo UMP-UDI est élu. C’est grâce à deux phénomènes conjugués : le bon report des voix de gauche pour faire barrage au FN et aux bons résultats obtenus par ce dernier au Cannet, à Gonfaron et à Collobrières.

Au Luc, ville chef lieu de canton, le FN progresse de plus de 2% entre deux tours et reste en tête au soir du deuxième tour. Il faudra tirer rapidement des enseignements pour inverser cette tendance en déployant l’écoute, la rencontre et la pédagogie de proximité.

Si on peut se féliciter que les électeurs aient fait barrage au FN, le tandem UMP-UDI reste un adversaire politique, un adversaire de classe car il ne défend pas les intérêts de salariés, et de couches populaires. Il n’a pas de vision pour le canton et le département.

A mon avis, ce tandem inédit va se fondre très rapidement dans la mouvance clientéliste et affairiste de la droite varoise qui sévit depuis des décennies. Ce tandem inexpérimenté qui refusait un débat public contradictoire que nous proposions risque de se faire absorber et digérer par une machine UMP varoise pro sarkozyste avant de se rendre compte qu’il aura été instrumentalisé au détriment des intérêts communs des populations. Sans nul doute l’avenir nous éclairera sur ce point et nous ne manquerons pas de rendre compte aux habitants du canton et aux Lucois.

En attendant la note est salée. C’est celle de la Bérézina de la dérive libérale conduite par le triptyque Hollande-Valls-Macron. Elle permet à la droite de prendre 70% des départements et à l’extrême droite d’être en embuscade pour les régionales de décembre 2015 tout en préparant le terrain pour 2017 à la fille Le Pen.

Devant une telle situation grave et préoccupante, il est difficile de nier le vote sanction infligé à l’exécutif français. Pourtant, c’est ce que fait le premier ministre en déclarant que « le cap de sa politique sera maintenu. » Continuer ainsi à rester sourd au désarroi et à la colère populaire risque d’engager la France dans le scénario du pire.

Nous ne devons pas rester les mains dans les poches dans l’attente de jours meilleurs. La réponse ne doit plus se faire attendre. Dès à présent il est urgent et vital d’engager le débat notamment avec l’électorat populaire parmi lequel le sentiment d’abandon est très fort et où l’abstention progresse à chaque scrutin.

Il est urgent de construire une nouvelle force alternative à gauche en s’appuyant sur le mouvement social (syndicats de salariés), culturel, associatif, politique qui dénoncent l’austérité.

Il est urgent d’agréger les forces citoyennes, les rendre visibles et actives car deux tiers des électeurs qui avaient voté François Hollande ne se sont pas déplacés pour aller aux urnes lors des européennes et des départementales des 22 et 29 mars 2015.

Cela, la droite et l’extrême droite l’ont compris. Elles ont respectivement unis leur force se sont montrés groupés à la population sans pour autant porter de véritables solutions pour les cantons. Alors, il est temps de faire de même dans chaque village, dans chaque canton pour construire avec les citoyens, les conditions d’une alternative durable à gauche avec des projets politiques adaptés aux urgences et aux attentes populaires.

Il s’agit là de la condition sine que none pour relever les défis et apporter les réponses aux enjeux humains, sociaux et environnementaux.

Dans le Var, la droite aux affaires et l’extrême droite entrante au Conseil Départemental se contrefoutent de tout cela. Ils ne pensent qu’à défendre leur pré carré, leurs privilèges et asseoir leur avidité de pouvoir sans partage.

Pendant ce temps nombreux sont ceux qui souffrent de la précarité et la démocratie départemental est en danger.

Il y a donc urgence à reconstruire un tissu social et politique de proximité pour activer un processus d’ensemble mu par les citoyens et bien plus fort que le repli sur soi ou que la division.

Sans cette prise de conscience qui nous permettra de retrouver le chemin de notre force collective, il sera difficile d’enrayer les appétits de retour de N. Sarkozy et de stopper la menace lepéniste.

Qu’on se le dise et qu’on agisse pour construire une nouvelle majorité de gauche en France, dans le Var, dans le canton du Luc et au Luc même.

Jean-Marie Bernardi.

(*) Le parti de N. Sarkozy et son chef prévoient de réduire la voilure des services publics de 150 milliards d’euros ce qui rendrait les missions assurées par ces derniers tout simplement irréalisables et ce qui favoriserait le transfert vers des secteurs privés pour répondre aux appétits de certaines grandes entreprises amis(es) de la droite…Là où ce genre d’expériences ont été pratiquées ont connaît les résultats catastrophiques pour les populations, les usagers et les salariés.

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