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Publié par Jean-Marie Bernardi.

Abolition des privilèges : quoi de neuf 226 ans après ?...

Il y a 226 ans, dans la nuit du 4 août 1789, un peu moins d’un mois après la prise de la Bastille, les députés de l’Assemblée constituante votaient à l’unanimité l’abolition des privilèges et des droits féodaux.

Depuis, l’histoire du mouvement social, économique, politique et humain a traversé de nombreuses péripéties avec des moments de joie et de victoire mais aussi avec des moments plus difficiles.

Les luttes du monde ouvrier ont engendré de belles périodes pour les conquêtes sociales comme en 1936 avec les accords de Matignon ou comme en 1968 avec le constat de Grenelle.

Entre 1939 et 1945, la lutte résistante a participé à la victoire contre le nazisme et le 15 mars 1944 après plusieurs mois de négociations, le programme du Conseil national de la Résistance très empreint de rénovation et de révolution sociale pour des jours heureux était adopté.

Rappelons que le patronat français en avait était exclus pour collaboration avec l’ennemi.

Aujourd’hui où en est on ?...Rassemblés devant les locaux de l’UPV, le Medef varois, nous pouvons dire que les privilèges ont toujours cours pour un patronat revanchard qui n’a jamais admis son exclusion des discussions qui allaient poser les fondations de notre société le 15 mars 1944.

Depuis près de 25 ans les gouvernements successifs ont offert aux entreprises des milliards d’euros sans aucune contrepartie (exonération de cotisations sociales, niches fiscales, suppression de la taxe professionnelle) pour ne citer que ces exemples.

Plus récemment, le gouvernement Hollande, pourtant élu avec les voix de gauche a tourné le dos à ces engagements. Il a fait de la surenchère en alimentant grassement la corbeille de la mariée….

L’ANI, le CICE, le Pacte de responsabilité, la loi Macron, la loi Rebsamen….autant de textes et de mesures qui ont- été votés pour faire baisser le coût du travail et pour faire augmenter le taux de profitabilité et les bénéfices des entreprises sans contre partie pour l’emploi, les salaires et les qualifications.

Ces politiques nous mènent droit au mur. Elles font peser sur le dos des familles des milliards de transfert de charge.

A la Poste par exemple le CICE prévu pour 2015 s’élève à 341 millions d’euros…Le chiffre relatif aux suppressions de poste s’élève à plus de 5000…

Dans le Var le CICE accordé aux entreprises est de l’ordre de 77 millions d’euros…A qui ?... Pourquoi ?...Quel droit de regard pour les organisations professionnelles ?....Aucun….

Mais les patrons en réclament toujours plus comme l’indique le slogan affiché sur la façade de l’UPV place de la Liberté à TOULON.

Quant au patron des patrons, Pierre Gattaz, il déclare que « si la loi Macron va dans le bon sens, ce n’est pas suffisant »…et « qu’il faudrait multiplier par 5 de telle mesures pour régler les problèmes… » Pour se faire le personnage propose avec le cynisme qui le caractérise de supprimer 3 emplois de fonctionnaire sur 4 lors des départs en retraite…de multiplier les privatisations….de perpétuer le Pacte de responsabilité sans en modifier la répartition et sans contrôle….

Ce discours à de quoi ravir les actionnaires en attente de dividendes toujours plus grands et plus juteux.

Alors fin des privilèges ?...pas pour tout le monde. Entre 2009 et aujourd’hui les dividendes versés n’ont cessé d’augmenter. Dans le même temps le rôle des salariés qui créent les richesses n’a cessé d’être méprisé et sacrifié sur l’autel des profits.

Le Var n’échappe pas à cette règle. Avec plus de 90 000 inscrits à Pole Emploi, le chômage a augmenté de plus de 7% en un an.

La précarité gagne du terrain et 40 000 personnes ont recours au RSA pour survivre, soit 8% d’augmentation en un an.

La pauvreté touche 15% de la population varoise….et selon l’UPV (Union Patronale Varoise) l’entreprise c’est l’emploi ?....

Pourtant le Var c’est aussi des richesses et des riches…C’est un département où la droite règne en maître depuis 30 ans. Elle règne en étant au service des plus riches et en marchant main dans la main avec ses amis de l’UPV.

Alors qu’il s’agisse du niveau national ou des niveaux locaux, les distorsions entre riches et pauvres, entre riches et couches moyennes deviennent insupportables.

Ces distorsions résultent des choix gouvernementaux de droite ou de ceux du social libéralisme depuis 2012.

Dans les deux cas l’allégeance faite au Patronat et au Medef est totale.

Elles résultent aussi des gouvernances départementales et des choix politiques qui y sont faits là ou parfois clientélisme se conjuguent avec affairisme.

Toutes ces politiques s’inscrivent dans un recul social et humain sans précédents depuis des décennies.

Elles se mènent au détriment de l’intérêt général des populations, des salariés et au seul profit des entreprises et des marchés financiers.

Cette logique d’austérité pour les uns et d’opulence pour les autres est dévastatrice non seulement au plan humain, économique, social et démocratique….Elle l’est notamment sur le plan culturel et sociologique car elle génère de la défiance et du repli sur soi qui peuvent conduire au pire.

Devant une telle situation d’agressivité de la part du Medef et des gouvernements à l’égard des plus démunis, du monde du travail, des privés d’emploi, des retraités et des jeunes il est urgent de rassembler nos forces en les faisant converger.

Alors, construisons des ponts pour faire imposer par nos luttes et nos votes un changement de cap porteur de solidarité, de démocratie, de progrès social, d’écologie et de paix.

N’attendons plus pour créer les conditions d’un rassemblement de toutes les forces progressistes (sociales-syndicales, politiques associatives et culturelles).

Ayons une confiance inébranlable pour notre avenir commun…Il s’agit de la seule clef qui permettra enfin de faire tomber les murs derrières lesquels s’amassent encore bien trop de privilèges.

Rassemblons-nous autour de trois axes moteurs en politique : éthique, transparence et démocratie… Ces mots là ne sont pas ceux pas ceux de la droite, du social libéralisme ou du patronat.

Alors à quand une autre nuit du 4 août pour de grands changements répondant aux attentes populaires et du monde du travail ?

Jean-Marie Bernardi.

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