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Publié par Jean-Marie Bernardi.

Forêt et traitement des déchets : pour des filières varoises d’excellence.

La forêt couvre près de 70% de la superficie du Var. Cet espace fragile, est protégé par une réglementation spécifique.

Ses 58 000 hectares de forêts de chêne-liège en font la première région « subéricole » de France devant la Corse, les Pyrénées-Orientales. Les « suberaies » varoises sont aujourd’hui vieillissantes, embroussaillées avec des levées de liège quasi abandonnées depuis plus de 30 ans. Actuellement le liège est de mauvaise qualité. Or, la sylviculture (débroussaillement, élagage, levées régulières du liège…) est essentielle et propice à une bonne qualité de liège porteuse de développement économique et d’industrie du bois.

L’objectif est donc de reconstituer et professionnaliser la filière en responsabilisant les propriétaires (75 % de la forêt est privée), de former de nouveaux leveurs, de proposer des débouchés attractifs et de les certifier par une démarche qualité.

D’autres activités forestières : bois de chauffage, bois d’œuvre, bois agricole doivent être développées harmonieusement Cela passe par :

  1. la valorisation de la forêt et de son expansion
  2. la lutte contre les incendies.
  3. la création d’emplois locaux.
  4. la lutte contre le changement climatique.
  5. La défense d’une agriculture raisonnée.

Soumise à la pression urbaine, aux incendies et à la spéculation, la forêt varoise disparaît à un rythme dramatique. Elle diminue d’environ de 3 000 ha par an. Le nombre des forêts domaniales diminue également de façon préoccupante, en même temps que les moyens de l’ONF.

La partie littorale, où se concentre 76 % de la population varoise est cruellement touchée par ce phénomène et si rien n'est fait rapidement, la forêt littorale varoise pourra disparaître.. Par ailleurs, dans un contexte de dérèglement climatique il faudrait renforcer, au plus vite, l'aménagement du Var.

Les communes conscientes de tous ces enjeux, devraient donner un coup d'arrêt décisif au bétonnage des terres agricoles et des espaces naturels, les déclarations d’intention n’y suffisant pas.

Lutter contre la disparition des terres forestières est fondamental pour la santé des varois car le patrimoine naturel assure le renouvellement des nappes phréatiques. Une forêt et un patrimoine naturel bien entretenus préviennent les conséquences dramatiques des inondations et les risques d’incendies dans le Var.

Concernant les énergies renouvelables et bien qu’y étant favorable, notamment de la filière bois-énergie, comment ne pas s’inquiète du caractère disproportionné du projet de création de la centrale thermique INOVA sur le site de Nicopolis à Brignoles (Var), tant pour son impact sur l’environnement du pays brignolais que pour ses performances énergétiques.

Le projet industriel INOVA nécessite un approvisionnement de 180 000 tonnes/an. Est-il compatible avec une gestion durable de la forêt varoise qui ne peut en produire selon les experts que 45 à 90 000 tonnes?...La proximité du projet EON de Gardanne ne risque-t-il pas d’entrer en concurrence avec le projet INOVA pour l’approvisionnement et ainsi accroitre la pression sur l’exploitation forestière et sur les prix ?

Les conséquences d’une exploitation forestière intensive (création de pistes de débardage, érosion des sols à forte pente, impacts paysagers, norias de camions,…) ne risque-t-elle pas de nuire à la qualité de vie du territoire, ainsi qu’à son économie touristique ?

Le bilan énergétique de l’installation INOVA sera-t-il vraiment économiquement rentable puisque seule 20 à 30% de l’énergie produite sera valorisée ?

Quel sera l’impact des rejets de la cheminée d’INOVA sur la qualité de l’air aux alentours de Nicopolis ?

En conséquence, dans le cadre de notre mandat régional nous soutiendrons les personnels de l’ONF pour réunifier les différentes missions forestières au sein d’un grand service public de la forêt et des espaces naturels avec pourquoi pas la construction d’une commission régional en lien avec les acteurs du domaine pour protéger l’intégralité et le développement de ce patrimoine autour de trois axes : économique, social et environnemental.

Traitement et enfouissement des déchets et traitement des boues régionales.

L’autorisation récente, délivrée discrètement par le préfet permet d'exploiter pendant six ans encore la décharge du Balançan. Elle autorise le développement de ce monstre qu'est devenu le Balançan à traiter jusqu'à 14 millions de tonnes de déchets, à côté d'un site protégé ! Elle autorise l'enfouissement des déchets de plus de cent communes du Var et, cerise sur le gâteau, elle autorise aussi le traitement des boues de stations d'épuration de toute la région.

Des élus locaux, au premier rang desquels Michel Tosan, maire de Bagnols, candidat sur la liste Région Coopérative, dénoncent avec force ces pratiques.

Les responsabilités du préfet, du gouvernement, des collectivités et de l'Europe pour mettre un terme à l’enfouissement des déchets doivent être engagées car des méthodes alternatives existent, sont efficaces, propres et même créatrices d'emploi.

En avril 2015 La chambre régionale des comptes dressait un constat accablant de la gestion des déchets dans le Var. Les magistrats pointaient le groupe Pizzorno qui, malgré enquêtes judiciaires et condamnations, continue de se voir attribuer les marchés, succès acquis grâce à la connivence d’élus « Les Républicains », ex UMP.

Cette situation de conflit d’intérêts a échappé à la vigilance des institutions, mais pas à celle des magistrats de la chambre régionale des comptes qui ont la possibilité de saisir le parquet de afin de mener une enquête sur le volet financier de cette gestion particulière.

Ce système a atteint des sommets d’aberration lorsqu’en 2012, les élus décidèrent d’attribuer un marché de 1,5 million d’euros à Pizzorno pour remettre en état une décharge qu’il avait lui-même polluée ! Le groupe a été condamné au pénal en 2011, pour y avoir, via ses filiales, entreposé des déchets toxiques non autorisés (condamnation confirmée en cassation en octobre 2014). Par cette opération, Pizzorno a fait un gain de 25 millions d’euros en se dispensant de traiter les déchets selon les règles et en s’exonérant de certaines taxes.

Ce système, mis au jour par la chambre régionale, a coûté près de 20 millions d’euros aux communes et, cela sans que l’État, en la personne du préfet, ne pose de limites.

Le silence assourdissant de Ségolène Royal, ministre de l’écologie est inquiétant. En septembre 2014, ne sachant à quel saint se vouer, Michel Tosan, maire de Bagnols-en-Forêt et d’autres élus se sont adressés à la Ministre de l’écologie…L’absence de réaction du préfet et de la ministre a contribué à favoriser un système opaque.

Créé voilà 40 ans pour 29 communes, le site traite aujourd'hui les déchets ménagers de 122 communes varoises en plein cœur d'une réserve naturelle…. Et le site de Roumagayrol géré par le même groupe à Collobrières suscite les mêmes inquiétudes.

La forêt varoise doit vivre et les déchets doivent être traités autrement. C’est ce à quoi s’emploieront nos élus(es) avec les populations concernées. Alors de la forêt et des déchets aux urnes il n’y a qu’un pas à faire. Le 6 décembre prochain faisons le dans le bon sens.

Jean-Marie Bernardi

Région Coopérative liste varoise (EELV- FdG- Mouvement social)

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