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Publié par Jean-Marie Bernardi.

Emploi : le plan Hollande, un recul pour les salariés.

Le Medef en rêvait, Hollande le fait. Lors de sa déclaration des vœux au Cese ( Conseil économique, social et environnemental ) François Hollande vient de reconfirmer le cap très libéral de son gouvernement.

Alors que les solutions consisteraient à répondre concrètement aux urgences sociales, le président de la République préfère se coucher devant les exigences de P.Gattaz, patron du Medef. En foulant ainsi les conquis sociaux des salariés. ..Après l’employabilité, la flexi sécurité en matière d’emploi est au centre de la feuille de route de ce gouvernement qui, jour après jour se droitise toujours plus.

Le patron du Medef peut se frotter les mains. Son rêve de revanche prend frome avec la politique sociale et économique impulsée par le trio Hollande-Valls-Macron. Ainsi le CICE (cadeau de 34 milliards d’euros) n’a non seulement pas enrayé la montée du chômage mais il va devenir un allègement définitif dès 2017…Pendant ce temps les dividendes versés en 2014 s’élèvent à 231 milliards d’euros et l’évasion fiscale atteint des sommets (30 à 40 milliards d’euros par an)…Si on rajoute à tout ceci le coût du Pacte de Responsabilité (environ 40 milliards d’euros), la coupe est pleine.

Hollande accélère cyniquement sa politique libérale en tournant définitivement le dos à ses engagements et aux valeurs de la gauche. Il préfère pactiser avec le patronat plutôt que d’être à l’écoute et auprès des salariés et de leurs représentants condamnés à la « case prison » comme les syndicalistes CGT de Goodyear.

Aucune de ces mesures ne permettront de développer l’emploi, bien au contraire. Obsédé par l’inversion de la courbe du chômage (5,8 millions à ce jour toutes catégories confondues), condition qu’il a définie pour être candidat en 2017, François Hollande ne recule devant rien. Faisant fi du dialogue social, de la colère qui gronde, de l’histoire du mouvement social français, le président de la République déroule le tapis « rouge » au Medef. Sa réforme du code du travail est gravissime car elle va permettre l’inversion des normes. Un accord d’entreprise sera plus fort que la loi.

Le plafonnement des indemnités prud’homales relatives aux licenciements abusifs est du même tonneau ; la baisse probable des indemnités des chômeurs aussi.

A Davos, au grand rendez-vous des capitalistes mondiaux Manuel Valls enfonce le clou en déclarant : « Si nous voulons favoriser le retour à l’emploi il faut que la réforme du code du travail et celle de l’indemnisation du chômage soient particulièrement ambitieuse. »…et à Macron de lui emboiter le pas en déclarant à son tour : « que les heures supplémentaires soient effectuées sans majoration en cas d’accord » ce qui de facto mettrait fin au 35H00.

On est très loin du rapport d’Oxfam qui vient de pointer que 62 personnes les plus riches détiennent la moitié des richesses planétaires.

En clair les maitres mots du clan Hollande sont laminage du code du travail, sabordage des droits prud’homaux, allègements définitives des cotisations pour les entreprises et réduction massive des indemnités de chômage…Ce gouvernement voudrait casser notre modèle social qu’il ne s’y prendrait pas mieux.

Les mesures liées à la formation de 500 000 chômeurs vont coûter 2 milliards d’euros. Qui va les financer ?...Certes la formation et la qualification sont nécessaires. Tant mieux si elles débouchent sur des emplois…Mais à quelques mois de l’élection présidentielle ces mesures vont permettre à François Hollande de faire baisser statistiquement la courbe du chômage pour pouvoir se présenter en 2017.

En tout état de cause, le candidat Hollande ne pourra pas être un candidat de gauche. Il sera un candidat de droite bis ou ter.

Ce scénario serait fatal pour l’avenir de la gauche (la vraie) dans notre pays. Il nous appartient d’éviter ce chausse-trappe en créant les conditions d’un grand mouvement populaire autour d’un programme porteur d’espoir et de réponses aux attentes du monde du travail et des familles en détresse sociale.

Tout cela est à construire avec un projet politique de gauche digne de ce nom pour la France. Cette France en commun qui s’est construite avec les luttes de 36 au CNR, de 68 à 1981-1983…et que certains sont en tain de détruire.

Cette France c’est la notre, celle que nos aïeux nous ont laissé en héritage. Il nous appartient de la préserver et de la pérenniser en changeant de cap et en sortant de la spirale mortifère et à bout de course de la constitution monarchique de la Vième République.

Jean-Marie Bernardi.

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