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Publié par Jean-Marie Bernardi.

Petit propos sur la démocratie et la nécessité de son développement.

Petit propos sur la démocratie qui a permis un débat riche et intense au Val en présence d'une quarantaine de personnes le 26 mars 2016

Le thème abordé ce jour dans le cadre des débats préparatoires à nos congrès (départemental et national) est celui de la démocratie et des pouvoirs.

Sur ces sujets mon propos se veut non exhaustif mais simplement introductif.

Mais comment parler de démocratie sans donner en préambule l’origine du mot ?...Démocratie : c’est un joli nom du genre féminin porteur d’espoir et de fraternité. Il vient du grec « démos », peuple et de « kratos », force et puissance.

La France et son histoire, avec ses avancées tant sociales que sociétales, culturelles ou politiques s’est construite grâce à cette force dont s’est parfois emparé son peuple.

C’est cette force qui a toujours été la hantise des possédants, eux qui voudraient aujourd’hui effacer le poids du peuple et de tous ses conquis dans la nécessaire construction d’une société égalitaire et fraternelle.

Où en sommes-nous aujourd’hui en France ?...Dans quel état se trouve notre démocratie et sa pratique ?...Dans quel état se trouve notre système politique et institutionnel incarné par la Vème République issue du coup d’état gaulliste de 1958 ?...Dans quel état se trouvent nos corps sociaux constitués ?...

Nous pourrons développer et parler de tout ceci dans le débat mais nous devrons le faire à partir d’un constat : celui qui montre que notre système politique, institutionnel et de représentation est atteint d’une maladie chronique dont le symptôme principal est caractérisée par l’absence quasi totale de pourvoir pour le salariat en matière sociale, économique ainsi que par l’absence du même salariat dans la représentation parlementaire.

Dans les entreprises comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on sait qu’actuellement les salariés sont en position totale de subordination aux employeurs et aux patrons ?...

Alors, sommes-nous vraiment en démocratie lorsque sa seule expression réside dans celle d’un vote à l’occasion d’une élection ?...

Plus que jamais notre République est mise à mal, soumise entièrement à un pouvoir présidentiel quasi monarchique….Devons-nous nous résigner ou au contraire nous appuyer sur l’aspiration à participer aux affaires de la cité et de l’entreprise pour faire bouger les lignes et ouvrir d’autres chemins ?...

N’est ce pas avec un esprit offensif qu’il appartient au PCF, à ses militants et à ses élus(es) d’écouter les citoyens, mais aussi de proposer une voie nouvelle porteuse d’espoir pour la France et nos concitoyens ?....

Pour y parvenir ne devons-nous pas dès à présent reconquérir et occuper le terrain pour être au contact du peuple dans nos villes, villages et quartiers, mais aussi dans nos entreprises ?....Nous devons être près des gens, à leur écoute et leur faire partager nos analyses et nos propositions et leur permettre de les enrichir.

Agir ainsi ne contribuerait-il pas à créer de grandes convergences pour bâtir les fondements d’une autre société.

Une société où :

  • L’accès à la culture et au savoir serait le même pour tous.

  • Où la démocratisation des médias et des services publics de l’audio visuel serait réalité.

  • Où le régime présidentiel serait dépassé pour laisser place à une nouvelle République.

  • Où la proportionnelle et le droit de vote pour les « étrangers » prendraient corps.

  • Une société où la démocratie parlementaire serait enfin promue et prendrait l’ascendant sur le pouvoir personnel du président ?...

  • Où l’éducation populaire serait inscrite dans le marbre de la loi.

  • Où les salariés et leurs IRP (Institutions Représentatives de Personnels) auraient de réels pourvoir au sein des entreprises.

  • Une société où les portes des entreprises seraient enfin ouvertes aux valeurs de la République telles que nous les définissons.

  • Une société où les citoyens pourraient être les acteurs de profondes transformations sociales et sociétales.

Mais comment pourrait-on envisager de tels changements sans améliorer la pratique démocratique à tous les étages et sans donner le pouvoir au peuple ?...

Comment pourrait-on envisager la modernisation et le renforcement des services publics et de protection sociale sans intervention citoyenne, celle des usagers et celles des salariés ?...

Tout simplement : comment peut-on envisager un renforcement de la vie démocratique en continuant à priver les gens et le salariat de droits et de pouvoirs nouveaux ?...

Alors , n’y en a t-il pas assez de tous ces pouvoirs confisqués par un tout petit nombre qui une fois élu, oublie tous les engagements et les promesses pour n’avoir qu’un seul objectif : répondre aux intérêts des politiques libérales et financières comme nous le montre la politique menée par le gouvernement actuel Hollande-Valls-Macron.

Alors, oui : l’enjeu démocratique pour une République de la citoyenneté et de l’égalité est immense et combien est-il essentiel avec un tel déficit en la matière de permettre à chaque citoyen de devenir un acteur de la vie publique et économique.

Si les institutions actuelles ont éloigné le pouvoir du peuple et si la démocratie s’est résumée à une compétition électorale ayant comme point d’orgue la présidentielle tous les cinq ans, n’est-il pas impératif d’inverser les normes en changeant la constitution et en sortant de la Vème république ?

N’est-il pas urgent de rétablir la primauté du législatif sur l’exécutif et sur les pouvoirs considérables du président de la République ?...

Ne faut-il pas, très rapidement agir pour le repositionnement de chaque citoyen au centre d’une République de solidarité, de laïcité, de fraternité, de liberté et d’égalité ?...

Pour contrôler une telle destinée la voie n’est pas royale et la lutte que nous devons menée pour y parvenir réside dans la clarté et la perspicacité de nos propositions, de notre force de conviction à rassembler pour agir collectivement.

Avant de terminer mon propos, je voudrais dire que loin de s’arrêter à des aspects Franco-français, l’amélioration du processus démocratique passe aussi par d’autres axes :

  • Celui de la construction d’une autre Europe plus humaine, plus solidaire et plus sociale.

  • Celui d’une Europe qui s’affranchisse du carcan du traité de Lisbonne.

  • Celui d’une France démocratique et souveraine libérée de l’asservissement aux USA et à celui de l’OTAN.

  • Celui d’une France reconnaissant l’Etat palestinien et agissant au niveau de l’UE et au niveau international.

  • Celui d’un France ouverte sur le monde avec un autre regard pour impulser la nécessaire coopération entre les peuples profondément ancrée sur le respect mutuel et sur la nécessaire fraternité universelle.

  • Une France au service de la PAIX où la suprématie du droit l’emportera sur celle de la force et de la guerre.

Je crains que sans changer de matrice républicaine et démocratique nous ne soyons contraints à continuer à vivre dans ce monde actuel ou 99% des citoyens sont opprimés par la petite minorité de citoyens riches.

La démocratie telle que nous la connaissons aujourd’hui est dominée par la dictature de l’argent. Elle est incomplète et inachevée.

Or, si comme le disait Jean Jaurès : « la République c’est le droit de tout homme, quelle que soit sa croyance ou sa philosophie à avoir sa part de souveraineté », alors, n’est-il pas urgent de nous libérer de l’aliénation du monde capitaliste dans lequel nous vivons ?...

Ce monde où la domination de l’argent produit des reculs démocratiques sans précédent, des drames humains intolérables et des guerres inacceptables.

En France, un tel recul démocratique a permis la dérive autoritaire de l’Etat où l’on trouve pêle-mêle :

  • L’état d’urgence qui inscrit dans la constitution représenterait un danger pour les libertés.

  • La déchéance de nationalité qui elle aussi inscrite dans la constitution stigmatiserait et réduirait les droits des Français.

  • La pratique abusive du 49-3 mortifère pour la démocratie.

  • La criminalisation de l’action syndicale ou l’envoi des CRS contre les jeunes mobilisés contre la loi travail.

Ces reculs démocratiques ont également favorisé les replis sur soi, la défiance à l’égard du politique et de la vie publique.

L’abstention massive lors des périodes électorales le prouve et la montée de l’extrême droite en est une conséquence directe.

Pour sortir de cet enfermement stérile, de cette inertie et de ce pessimisme ambiant il faut créer du mouvement et cela peut commencer avec chacune et chacun d’entre nous afin de se rassembler et de devenir une force pour faire grandir les idéaux d’un changement progressiste.

Si nous mettions tout cela en marche, nous sommes persuadés que nous pourrions ouvrir le chemin de l’émancipation humaine, car sinon comme le disait Karl Marx « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre. »

Ensemble nous avons toutes les clefs en mains pour ouvrir de portes sur un autre monde et d’autres possibles afin de relever les défis démocratiques, humains, sociaux, économiques et environnementaux.

Alors n’attendons plus.

Jean-Marie Beranrdi.

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