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Publié par Jean-Marie Bernardi.

France Télécom : La justice doit passer pour les victimes !!!

Manœuvres d’intimidation, mobilités forcées, misses au placard multiples, brimades en tout genre, management par le stress et par la peur, incitations aux départs volontaires ou à la démission, répressions syndicales (sauf pour la CFDT)…Voilà une partie de l’arsenal qui fut utilisé par les dirigeants de France Telecom et certains de ses cadres zélés pour broyer les femmes et les hommes qui y travaillaient et qui y travaillent encore pour certains d’entre elles ou d’entre eux.

Ce management brutal et particulièrement pathogène fut organisé et déployé pour dégager prés de 30 000 personnes. Il connut son apogée entre 2008 et 2009 avec un harcèlement moral qui occasionna 35 suicides dans cette période et plus de 60 en trois ans. Le PdG Didier Lombard n’avait rien trouvé de mieux à dire que : « Il faut marquer un point d’arrêt à cette mode du suicide qui évidemment choque tout le monde… »

Aujourd’hui les victimes de France Telecom doivent être reconnues, les responsables identifiés et la justice doit passer !!

C’est sur la base de faits accablants et des réquisitions du Procureur de la République qu’un prochain procès pourrait se tenir….Je me souviens que très souvent nous remontions ces souffrances endurées par nos collègues vers les directions. Nos instances étaient parfaitement informées de cette tragédie humaine mais ce dont je me souviens aussi : c’est que le mépris et le déni l’emportaient sur l’aspect humain…Les directions avaient pour seul objectif de supprimer près de 30 000 emplois pour dégager près de 7 milliards d’euros de liquidité. (cash flow).

Les dossiers qui ont été montés par les syndicalistes ont permis de porter plainte contre l’entreprise pour harcèlement moral seulement. Seulement, en effet, car le parquet n’a pas suivi les partie civiles sur la double qualification « d’homicides involontaires » et « de mise en danger de la vie d’autrui. »

Néanmoins, il appartient maintenant au juge d’instruction de suivre ces réquisitions en ouvrant un procès car France Telecom en tant que personne morale et ses cadres dirigeants doivent être jugés.

Comment a-t-on pu en arrivé là ?...un peu d’histoire pour s’en souvenir est peut-être nécessaire pour comprendre comment on est passé d’un grand service public : celui des PTT à deux entreprises distinctes : la Banque Postale et France Telecom ?...Deux services pour lesquels F. Hollande à vanter les mérites dans son allocution hommage à Michel Rocard…

Nous étions en 1998. Alors qu’auparavant Gérard Longuet (Parti Républicain) avait échoué à faire passer son projet de séparation des PTT en deux entités, c’est Paul Quilès (PS), ministre des PTT du gouvernement Rocard (PS) qui réalisa cette opération transformant ainsi un rêve de la droite en réalité.

Je me souviens…pendant plusieurs mois Paul Quilès opta pour une pseudo consultation ou plutôt pour organiser une grande messe encensant le processus de séparation à grands coups de communication interne et externe à l’entreprise. Son seul objectif était de sortir les PTT de l’Administration Publique pour répondre aux perspectives et aux préconisations européennes de mise en concurrence des opérateurs publics en les privatisant en toute ou partie.

Pour faire passer la pilule P. Quilès utilisa tous les artifices trompeurs à sa disposition...Je me souviens aussi qu’au début : la CFDT était mollement opposée au projet, puis elle l’avait défendu avec le soutien indéfectible d’Edmond Maire, proche et ami du premier ministre de l’époque : Michel Rocard.

Le 12 mai 1990 la loi réformant les PTT était adoptée par 284 députés dont 272 étaient au PS contre 46 dont 26 formaient le groupe communiste à l’Assemblée Nationale…Depuis les privatisations de la Poste et de France Telecom ont fait des ravages dans le grand service public d’antan et les conditions de vie et de travail des salariés CDI ou fonctionnaires se sont dégradées.

En conclusion nous assistons depuis des années à des alternances politiques droite / social libéralisme ou les deuxièmes réalisent toujours les rêves des premiers comme ce fut le cas ces jours ci avec la loi El Khomri passée avec le 49-3.

Alors en tant que responsable politique et ancien responsables syndical CGT j’exprime le souhait de pourvoir changer de cap pour mettre en place une alternative de gauche dès 2017 et d’en créer les conditions pour répondre aux intérêts généraux du pays, pour répondre aux impératifs de service public et pour satisfaire les attentes populaires et des salariés français.

Alors, on s’y met ?...

Jean-Marie Bernardi

Ex secrétaire du syndicat CGT de la Poste et des Télécommunications.

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