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Publié par Jean-Marie Bernardi.

SORTIR DE  LA CRISE ET DE SES CONSEQUENCES : UNE URGENCE !!!

Depuis le début des années 2000 et en particulier depuis 2008, la crise du capitalisme s’est accentuée. Elle suit une spirale folle qui pourrait plonger l’humanité vers des profondeurs abyssales.

Les lois du marché et de la finance entraînent la planète et les êtres humains dans un crash terrible et dangereux. Dans ce contexte, les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres.

Ce qui caractérise ce capitalisme financier devenu fou et aveugle à tous les maux qu’il fait subir à l’homme et aux écosystèmes : c’est son avidité à amasser un maximum de profit dans le temps le plus court possible.

Cette crise nous la subissons frontalement. Elle génère de la souffrance au travail, des conditions de vie de plus en plus difficiles et de nombreuses inégalités. En France par exemple, alors qu’une poignée d’ultra riches capte les richesses produites par le monde du travail, le nombre de pauvres augmente inéluctablement pour atteindre 9 millions de personnes aujourd’hui. Pire encore : dans le monde la misère gagne du terrain et un milliard d’individus vivent avec un seul dollar par jour.

En France notre histoire est en deuil. Nos droits et nos libertés sont mises à mal. Depuis le début des années 2000 la moitié des richesses produites ont été captées par une minorité de grands patrons et des grands actionnaires. Tous les signaux sont au rouge et alors que les avancées technologiques, scientifiques et numériques sont énormes, le salariat fait un retour vers le passé en étant toujours plus exploité. Les tenants de la finance et du capital agissent en maitres. Ces prédateurs accaparent l’argent, organisent le chômage et la précarité de la France, de l’Europe et du monde.

Cela ne date pas d’aujourd’hui. Depuis plus de 60 ans le capital a deux obsessions : réduire le coût du travail (salaire + Cotisations sociales) et celui des matières premières. Comment pourrait-il en être autrement pour maintenir un niveau élevé du capital et de sa rémunération ?...La crise de 2008 illustre bien cette situation. Pour permettre au capital financier de passer le mauvais cap, les gouvernements ont accentué la casse des droits sociaux, reculé l’âge de la retraite, bloqué les salaires, organisé la précarité et l’appauvrissement des services publics.

Jusqu’où laisserons-nous aller cette spirale infernale ? Comment pouvons-nous collectivement endiguer ce raz de marée et ses conséquences ? Comment pourrons-nous stopper la marche de cette hydre à deux têtes : capitalisme financier et loi des marchés ?...Jusqu’à quand allons-nous accepter que les Etats, la France en ce qui nous concerne, continuent à organiser leur soutien absolu à ce libéralisme totalement débridé ?...

Tous les jours sur la planète plus de 4000 milliards de dollars circulent…Mais où vont-ils ?...Aux biens et aux services, à l’harmonisation sociale par le haut, à la santé, à l’éducation, à l’écologie, aux salaires et aux conditions de travail et de vie ?....Absolument pas !!...Plus de 95% de ces sommes colossales servent la spéculation et les places boursières.

Dans le même temps, des millions de dollars ou d’Euros sont détenus dans les paradis fiscaux, y compris par des entreprises françaises qui ne paient pas ou très peu d’impôt.

La crise ne profite qu’aux riches. Pour inverser la tendance ne devrions-nous pas tordre le cou à certains dogmes et à certains codes selon lesquels (nous l’entendons souvent) c’est l’entreprise qui crée des emplois et que par conséquent le patron doit être vénéré et aider sans aucun contrôle ?...

Ne nous appartient-il pas de nous interroger sur cet axiome que certains voudraient nous faire gober comme étant le seul modèle à suivre et la seule vérité à croire ?...

Plutôt que de parler de coût du travail ne vaut-il pas mieux parler de coût du capital ?...Plutôt que de sacraliser le patron, incarnation de l’entreprise, ne faut-il parler de qualité du travail et de la reconnaissance pour celles et ceux qui l’accomplissent dans tous son processus ?...

Depuis 2012 Hollande et son gouvernement se sont-ils posés une seule fois ces questions ?...La réponse est NON. Les politiques qu’ils ont menées et les lois qu’ils on fait voter n’ont été que trahison à l’égard des électeurs qui leur ont permis d’accéder au pouvoir.

Aujourd’hui : 5 millions de chômeurs pointent à Pôle Emploi et les entreprises qui licencient ou qui délocalisent continuent à être aidées. Des milliards d’euros leur ont été distribués par le biais du pacte de responsabilité, du CICE ou des exonérations.

Les lois passées au 49.3 comme la loi El Kohmri qui inverse la hiérarchie de normes va accentuer la paupérisation…Dans le même temps les dividendes versés aux actionnaires vont encore grimper comme ils l’ont fait en 2014 avec un chiffre record de 56 milliard d’Euros.

Cette politique de l’argent roi pollue notre économie, l’a rend malade y compris pour les entreprises où l’Etat est actionnaire.

Sans vouloir rappeler l’histoire de notre industrie nationale, ayons à l’esprit le sort de la construction navale, du textile, de la sidérurgie, de nos mines, des manufactures et de celui que subit notre agriculture. En fait, la finance a tissé sa toile et le grand patronat français avec l’Etat on fait le choix de la désindustrialisation et de cette casse organisée.

Alors, salariés ou actionnaires ; il faut choisir. Coût du travail ou coût du capital aussi, sachant que le travail, base exclusive de création de richesses ne représente que 15% de l’ensemble des coûts assumés par les entreprises. En effet, les dividendes et les intérêts financiers qui représentent plus de 300 milliards d’Euros par an sont deux fois plus importants que les cotisations sociales.

Ces choix politiques et économiques tournent le dos à l’intérêt général. Ils sont marqués par le sceau de l’austérité pour les uns et de l’opulence pour les autres. Ils ont fissuré des secteurs entiers de notre économie et frappé durement nos services publics.

Le duo Sarkozy-Hollande respectivement au pouvoir en 2007 puis en 2012 porte une large responsabilité de cet état de recul social et de paupérisation.

Le Var est impacté également. Le niveau de chômage du Var est passé de 8,80% avant le début de la crise économique à près de 12% aujourd'hui.

La précarité domine: la proportion de CDI y est inférieure de 3,7 points par rapport à la France métropolitaine.

Par contre, le nombre de familles fortunées est en très forte augmentation…
6723 foyers fiscaux des dix plus grandes villes sont assujettis à l’ISF

Pour se financer le Var est obligé de faire appel à l’épargne des autres Français.

  • Cela s’explique par la faiblesse des dépôts bancaires de la population:
    • 19 632 €/hbt dans le Var
    • 23 373 €/hbt nationalement

Le Var occupe la 68ième place nationale pour les salaires non qualifiés (1433 euros par mois).

Sur le plan industriel le Var a été totalement laminé depuis 30 ans :

  • Disparition des mines de bauxite
  • Disparition des chantiers navals de La Seyne (2ème ville du département)
  • Baisse des activités de la DCN et partenariat avec Thales pour former DCNS.

Aujourd’hui ce secteur d’activité ne représente plus que 6% de l’activité totale. La proportion des TPE (très petites entreprises) et PME est importante.

Les décideurs ont fait le choix du tourisme et plus particulièrement du tourisme de luxe. Le secteur touristique non marchand ne représente que 5% du secteur touristique global.

De nombreux ménages victimes de la crise dans l’Est, le Nord de la France viennent dans notre département pour y trouver un emploi saisonnier et essaient de s’installer.

La proportion de retraités est plus élevée que dans le reste du pays pose de nouveaux problèmes : multiplication des maisons de retraites sans pour autant une hausse de l’accès aux soins ou un développement du secteur mutualiste. Là encore la médecine libérale domine. Les hôpitaux publics sont en difficulté à Brignoles, à Hyères.

Par rapport au total des emplois la proportion des emplois dans la fonction publique (territoriale, hospitalière, d’Etat) est plus élevée que dans le reste du pays.

Alors, comment nous mobiliser pour casser les codes de la pseudo fatalité du chômage, pour repenser le travail et son processus en matière d’emploi ?...

Comment faire passer l’idée que l’emploi, sa sécurisation et la formation c’est possible tout au long de la vie ?...

Comment se mobiliser pour stopper la casse des droits sociaux et du droit du travail, pour reprendre la main sur nos vies et nos destins ?...

Pourquoi avons-nous intérêt à avoir un gouvernement qui change de cap, qui utilise autrement l’argent, qui impulse une autre forme de gestion dans les entreprises et qui arrête de servir les desiderata du Medef ?...

Comme le disait Victor Hugo « L’utopie c’est l’avenir qui s’efforce de naître. La routine c’est le passé qui s’obstine à vivre. » Alors, si une utopie est un projet réalisable : poussons ensemble dans le bon sens pour la transformer en réalité pour un monde de paix, fraternel et solidaire.

C’est de tout cela qu’il nous appartient de débattre pour ouvrir un autre chemin avec des alternatives répondant aux attentes populaires et à celles du monde du travail.

Jean-Marie Bernardi.

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