Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Jean-Marie Bernardi.

 

L’idée de l’instauration d’un revenu de base ou universel (R.U), est entrée dans le débat public. Pallierait-il aux ravages du chômage de masse et de la précarisation généralisée des emplois ?...

SI les objectifs fixés par le R.U diffèrent selon les origines : ultra-libérale, partisans de la bienveillance et de la solidarité ou adeptes du dépassement du salariat, mais dans tous les cas de figures, le R.U affiche une caractéristique commune, il est déconnecté de la production.

Ce n’est pas sans conséquences  car comment pourrait-on distribuer un revenu, sans qu’il soit préalablement produit pour pouvoir exister ?... Encore faudrait-il que l’instauration d’un R.U ne remette pas en cause la nécessaire valorisation des compétences acquises et celle d’un apport utile à la société, et que la révolution fiscale nécessaire pour assurer un montant suffisant à chacun soit légiférée.

Au-delà de ses principes généraux et généreux les difficultés pratiques, les formulations restrictives peuvent être formulées !

La difficulté la plus évidente, la plus immédiate, est bien sûr celle de son coût et de son financement.

Si le RU vient se substituer, entièrement ou partiellement, au dispositif de protection sociale les risques de démantèlement de la Sécurité sociale et de l’indemnisation du chômage sont réels. A l’inverse, le PCF propose de « reconquérir progressivement la prise en charge des dépenses maladie à 100 % pour tous les soins en commençant par une prise en charge à 80 % pour tous et à 100 % pour les jeunes de moins de 25 ans ».

Nous combattons tout remplacement des cotisations sociales par un prélèvement fiscal sur les ménages. Les cotisations sociales ne sont pas un impôt mais une part de la valeur ajoutée dans les entreprises qui revient aux salariés sous la forme de prestations selon le principe d'inspiration solidaire et communiste « de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins ».

D’autre part, nous préconisons un prélèvement social sur les revenus financiers des entreprises pour décourager leurs placements financiers.

Dans tous les cas, conçu comme revenu permanent, le R.U ne serait qu’une rente versée à des privés d’emploi transformés en rentiers de la misère, prélevée principalement sur les ménages. Renonçant aux politiques d’emploi, il entérinerait la coupure définitive entre ceux qui pourraient bénéficier de tous les avantages de la vie sociale et les autres.

De fait, il accompagnerait le développement du chômage et de la précarité liés à la révolution informationnelle. L’objet de l’équité est donc détourné : ce n’est plus l’égalité devant le droit fondamental au travail qui est considérée comme essentielle, c’est l’égalité devant son palliatif. Il s’agit d’un adieu à la lutte sociale transformatrice.

En outre, le R.U contribuerait à la déresponsabilisation sociale des entreprises, à la fois, en ne répondant pas à l’objectif de socialisation des profits et en contribuant à accentuer la politique des bas salaires.

Aujourd’hui, pour le PCF la priorité consiste à mettre en place une sécurisation des parcours professionnels. Dans ce contexte les parlementaires communistes font une proposition de loi pour « une sécurisation de l’emploi et de la formation » tout au long de la vie ayant comme objectif l’éradication du chômage. Elle sera déposée le 1er février 2016 et se décline autour de huit axes :

1. Sécurisation du contrat de travail.

2. Conventions individuelles de sécurisation de l’emploi, de la formation et des revenus.

3. Dispositions particulières en faveur des jeunes.

4. Lutte contre la précarisation des emplois.

5. Durée et organisation du temps de travail (32h00 hebdomadaires, retraites à taux plein à 60 ans).

6. Formation, qualification et salaire.

7. Incitations financières.

8. Nouveaux pouvoirs des salariés dans les entreprises et des citoyens dans les territoires.

Ainsi, les réformes sociales, formations, embauches, accroissement des ressources avancent ensemble, se nourriraient mutuellement en s’appuyant sur un changement radical de l’utilisation de l’argent et sur la vie démocratique à la cité comme au travail.

La fédération du Var du PCF appelle les salariés, les privés d’emploi, les jeunes, les retraités, et leurs syndicats, à s’approprier ce projet de loi, véritable alternative à la loi « El Khomri ».

Elle appelle l’ensemble de la population à amplifier les mobilisations pour l’éradication du chômage et de la précarité, pour une transformation radicale de notre société.

 

texte de loi en proposition :  https://t.co/bRJYMAXT78

 

Commenter cet article