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Publié par Jean-Marie Bernardi.

 

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Arguant le coût du travail, le Medef met la pression pour substituer la CSG (créée par Michel Rocard ) à une partie des cotisations patronales.

Cette offensive libérale vise à réduire la part de ses cotisations « Sécu » au profit d’un impôt totalement injuste car seuls 12% du produit de la CSG provient du capital. Le reste pèse sur les ménages et l’ensemble des Français.

 

En fait, le patronat français n’a jamais accepté les principes de la Sécurité Sociale créée en 1945 sous l’impulsion d’un ministre communiste : Ambroise Croizat.

 

Pour justifier son offensive la bande à Parisot avance le motif du coût du travail. Cet argument est fallacieux au regard des expertises de la Commission des comptes Sécurité Social et de plusieurs études européennes qui démontrent que le coût du travail français est inférieur à celui de l’Allemagne ( 46 700 euros annuel en France contre 52 500 en Allemagne ).

 

L’augmentation de la CSG est très contestable. Elle est inacceptable contrairement à l’attitude de la CFDT qui en accepte le principe…

 

Au niveau politique, si le PS et sa majorité allaient dans ce sens, ils mettraient le cap encore plus à droite que les libéraux, le patronat et l’UMP !!...

 

La déclaration de Louis Gallois, chargé par le 1er ministre « d’une mission sur la compétitivité » sont inquiétantes : « je crois qu’il faut faire un choc de compétitivité portant sur les cotisations sociales…Il s’agit de transférer 30 à 50 milliards d’euros… »

Monsieur Gallois semble oublier que d’autres pistes sont exploitables en matière de financement.

-          Comment occulter que le versement des dividendes ont représenté 318 milliards d’euros en 2010 alors que les cotisations Sécu plafonnaient à 280 milliards d’euros ?...

-          Comment occulter les milliards d’exonération offertes depuis trente ans à raison de 30 milliards d’euros par an environ ?....

 

En fait de choc, si une telle mesure voyait le jour, il se retournerait contre le pouvoir d’achat des ménages en induisant un ralentissement de la consommation et de la croissance.

 

CSGEn abordant le financement de la Sécu sous cet angle lors de la conférence sociale, François Hollande a ouvert une brèche dans laquelle s’engouffre le Medef.

 

Invoquant la compétitivité et en annonçant une réforme législative ( en 2013 ) sur ce sujet son premier ministre lui emboite le pas.

 

Côté syndical des voix s’élèvent contre une telle orientation avec les représentants de la CGT, de SUD et de Fo également.

 

A moins d’être suicidaire, François Hollande et sa majorité ( EELV, PRG, MRC ) ne peuvent pas  maintenir un tel projet de financement.

Les Français et le peuple de gauche n’ont pas sorti Sarkozy du jeu politique pour subir une politique d’austérité encore plus grande car l’effet boomerang pourrait être terrible socialement et politiquement.

 

Président du groupe GDR à l’Assemblée nationale, André Chassaigne ( PCF ) a déclaré : « il y a une urgence de concret et pas simplement d’un agenda social…Nous ne voterons pas un projet de loi avec une augmentation de la CSG qui pénaliserait les couches les plus modestes. »

Non seulement il ne faudrait pas le voter mon cher André, mais il faudra, à mon avis que nos élus(es) votent contre et expliquent publiquement pourquoi.

 

Il n’est pas question que des entreprises qui ont déjà bénéficié de plus de 170 milliards d’exonération sociales ou fiscales puissent recevoir de nouveaux cadeaux et que les salariés et les retraités trinquent !!...

 

Si ce dossier a des adeptes dans les palais ministériels de la « gauche bobo » déconnectée de la réalité sociale et des conditions de vie et de travail, la bataille à la rentrée devrait être âpre et dure.

 

Le mouvement social aura le soutien total du Front de Gauche, de ses élus, de ses responsables politiques.

Ensemble il faudra se faire entendre massivement pour que la majorité présidentielle change véritablement de cap.

 

S’il y a des socialistes de gauche, à l’instar de Marie-Noëlle Lienemann (sur le traité européen), il est grand temps qu’ils viennent « remuer le cocotier » avec nous.

Au moment où Martine Aubry appelle les militants socialistes à s’aligner sans débat derrière François Hollande et Jean-Marc Ayrault à l’approche du congrès du PS, nous devons, c’est urgent, déplacer le curseur à gauche.

 

Jean-Marie Bernardi.

 

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