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Publié par Jean-Marie Bernardi.

 

 

 

monument-aux-morts.jpgEn signant l’armistice de juin 1940 et en capitulant devant l’Allemagne nazie, Pétain mettait notre République entre parenthèses et la France allait s’enfoncer dans l’horreur de la collaboration  et des atrocités nazies. Il allait falloir attendre cinq longues années de résistance, de souffrances et d’occupation avant que notre pays libéré retrouve la République et qu’avec lui l’Europe et le monde retrouvent la paix.

De tout cela le maire FN du Luc n’en a pas parlé ce matin, mais comment aurait-il pu ?...

Ce matin au Luc, comme dans toutes les villes et les villages français un hommage a été rendu à tous les acteurs de la Libération.

Les corps constitués, les associations d’anciens combattants, les citoyens, les enfants de l’école Jean Jaurès accompagnés de leur directeur étaient là.

L’opposition DVD de monsieur D.Lain était également présente, pas celle représentée par les élus du «  Luc, la renaissance »…Nous y étions aussi avec nos amis pour représenter le collectif citoyen « ensemble pour Le Luc. »

8-mai-le-luc.jpg


Nous avons entendu un discours stéréotypé, policé à souhait prononcé par le maire FN du Luc…un discours édulcoré, dénué de chaleur humaine et d’émotion, un discours qui sonnait faux dans la bouche de l’édile dont le parti puise ses origines dans la noirceur de notre histoire, dans tout ce qu’elle a de plus vil et d’abject….En dire plus serait donner de l’importance à ceux qui n’en valent pas la peine.

La cérémonie de commémoration fût ponctuée par trois hymnes : américain, anglais et français….Nous n’avons pas entendu le chant des partisans de Joseph Kessel et de  Maurice Druon, ni l’hymne russe dont l’armée et le peuple contribuèrent largement à la défaite de l’Allemagne nazie avec 9 millions de morts….Deux oublis sans doute ???....

Ce matin, sur la place de mon village, comme sans doute beaucoup de personnes, j’ai eu mal à ma France et j’ai eu une pensée émues pour toutes celles et ceux qui sont tombés(es) pour elle.

J’ai rêvé que nous saurons nous réunir, dans les 6 ans à venir, autour des valeurs humaines, démocratiques et républicaines qui nous animent pour construire un avenir heureux.

 

Aujourd’hui la bar­ba­rie nazie et les crimes de Vichy ont été rappelés sur toutes les places des villes et de villages français devant les monument aux morts.. 
Pour autant n’oublions pas les crimes colo­niaux, ou encore le fait que les der­niers camps de concen­tra­tion en France pour Tziganes n’ont fermé qu’en 1946.

 

 Mais n’oublions pas non plus que si le 8 mai 1945 signi­fie la fin du nazisme, il cor­res­pond aussi à l’un des moments les plus san­glants de l’his­toire natio­nale : la répres­sion colo­nia­liste illustrée tragiquement par les crimes de  à Sétif, Guelma, Kherrata (45 000 morts) en Algérie…le jour même où la France était libérée du joug nazi adoubée par l’extrême droite et le gouvernement de Vichy.

 

Alors, faisons un peu d’histoire pour comprendre l’héritage du FN créé en 1972 comme émanation d’Ordre Nouveau.

 

Avec  la poignée de main entre Hitler et Pétain à  Montoire en octobre 1940 la collaboration est  officialisée et l’extrême droite va prendre de plus en plus de pouvoir dans un nationalisme portée aux  nues et soutenue par certains patrons comme Berliet ou Renault.

 

Très vite ce sera  le statut des juifs,  les lois contre les Francs Maçons édictées par Vichy, la chasse aux communistes qui étaient déjà entrés en résistance après la dissolution de leur parti, la «livraison » à l’Allemagne nazie des enfants juifs dont les parents avaient déjà été  déportés,  la rafle du Vel d’Hiv, autant de faits tragiques où  s’enracinent l’histoire et les thèses de l’extrême droite.

 

Le FN puise son passé chez les antidreyfusards fondateurs de « l’Action française » en 1898 que dirigea Charles Maurras ( journaliste, essayiste, homme politique  français, théoricien du nationalisme intégral, mais également d’ un antisémitisme d'État).  Action française sera le principal mouvement intellectuel et politique d'extrême droite sous la Troisième République.

Ce mouvement voulait incarner la revanche de la monarchie et des contre-révolutionnaires, puis chez les partisans de Vichy qui voyaient dans le régime de Pétain une revanche sur le Front populaire et ses conquêtes sociales pour lesquelles le PCF et la CGT jouèrent un rôle important et qu’ils reprirent après la libération pour créer le modèle social français.

Puis dès 1920 va naître une série de groupes et de partis ouvertement fascisants tels que « les Comités de défense paysanne », « les Francistes », « le Faisceau », « les Croix de feu », « la Cagoule », « le Rassemblement national populaire », « les Jeunesses patriotes », « le Parti populaire français », pour n’en citer que quelques-uns.

Ces groupes et partis partageaient tous un point commun : ils étaient viscéralement anti-communistes, ce qui amènera un nombre important de ces fascistes à collaborer avec l’occupant pendant la seconde guerre mondiale et, pour certains, n’hésitant pas à s’engager sur le front de l’Est, accompagnant ainsi l’armée nazie, notamment dans la division Charlemagne (division de la Waffen-SS), comme Pierre Bousquet qui y fut oberscharführer , avant d’être trésorier du Front national.

En 1965, Jean-Louis Tixier-Vignancour, un ancien membre de l’Action française, qui fit le lien entre l’extrême droite des années 30 et celles de l’après-guerre, se présente à l’élection présidentielle. Pour cette occasion, il prend Jean-Marie Le Pen comme directeur de campagne. La filiation de l’extrême droite d’hier au Front national d’aujourd’hui est indiscutable.

Autres exemples de personnes rattachées historiquement au FN :

Roland Gaucher (Goguillot) qui fut condamné à la libération aux travaux forcés, et puis, qui libéré s’engagea en faveur des guerres coloniales,  et qui  créera plus tard avec Jean-Marie Le Pen, le Front national.

Robert Brasillach, Action française, il évolue vers le fascisme dans les années 1930 condamné et fusillé à la libération, très souvent cité dans les discours des Le Pen ..

Après la guerre de 39-45 l’extrême droite va connaître plusieurs éclipses.

Après la libération, seuls quelques groupuscules de nostalgiques subsistent, on les trouve dans les milieux catholiques traditionalistes et dans ceux l’Action Française.

L’anticommunisme militant, sera le  point de départ de leur regroupement qui deviendra le FN créé en 1972.

Une équipe de jeunes professeurs réunis autour de Pierre Boutang lancent Aspect de la France, dont les initiales coïncident avec celle de l’Action Française. Maurice Bardèche publie une revue, « Défense de l’Occident » qui défend ouvertement des thèses fascistes. Des futurs responsables de l’extrême droite lui donnent leurs premiers écrits. En 1949, Pierre Sidos et ses frères créent « Jeune Nation »

 

Ainsi les origines néofascistes des Le Pen et du Front National sont patentes et l’idéologie que porte aujourd’hui ce parti est donc issue des pires courants de pensées autoritaires et raciaux qui ont survécu à la deuxième guerre mondiale.  Leurs héritiers dirigent 11 communes françaises dont 3 dans le Var (Le Luc, Cogolin et Fréjus).

Ce parti essaie aujourd’hui de se donner un masque de respectabilité que l’histoire ne peut pas lui accorder. Ne l’oublions pas pour tous ceux qui sont morts pour nos libertés, notre démocratie et pour la France. car comme le disait André Malraux : «  le tombeau des héros est le cœur des vivants. » et nous sommes vivants !!!

 

Jean-Marie Bernardi

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