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Publié par Jean-Marie Bernardi.

 

 

Mittal : le rêve désenchanté !! 

 

florange.jpg

 

La bataille des Mittal Florange s’est installée dans le paysage industriel français depuis 18 mois.

Le projet de nationalisation proposé par  Monsieur Montebourg et soutenu par les organisations syndicales, les salariés de Florange et le Front de Gauche aurait pu devenir une décision emblématique pour répondre à un patron prédateur qui tente  de monter les sidérurgiste européens les uns contre les autres.

 

Or Matignon, dans le dos de son ministre du redressement et surtout dans celui des salariés et de leurs représentants syndicaux, vient de lâcher prise face au prédateur, comme il l’a fait faces aux rapaces du Medef de Parisot, et de la Finance en tous genres…

 

Pourquoi ?...

 

Arnaud Montebourg a t-il été instrumentalisé ?...

A t-il servi de leurre, de cheval de Troie pendant que J-Marc Ayrault et François Hollande entamaient des tractations avec Mittal, se substituant par là même au rôle qui est en principe réservé aux délégués syndicaux ?...

Montebourg, sera t-il réduit, s’il reste dans ce gouvernement à lancer des bouées de sauvetage percées à des travailleurs en détresse et en grand danger ?...

Quelle sera sa crédibilité après un tel désaveu ?...

Ne sera t-il pas discrédité par le tacle assassin que vient de lui infliger le tandem Ayrault-Hollande ?...

A t-il agi en tant que ministre ou l’a t-il fait en son nom propre, ce que ne n’oserai croire lorsqu’on est ministre d’un gouvernement en charge du redressement industriel ?...

 

D’autre par, quelle confiance peut-on faire à l’affairiste Mittal qui se serrait engagé à investir 180 millions d’euros sur cinq ans sur le site de Florange ?...

Quel crédit doit-on accorder à son intention de maintenir les hauts fourneaux en état de marche alors que le bruit court de source syndicale locale que la décision de couper le gaz permettant le maintien en vie du système industriel serait imminente ?...

 

hollande-florange-1-.jpgEnfin, que penser des paroles du candidat Hollande en campagne lorsqu’il haranguait nos camarades sidérurgistes juché sur un camion tel un super syndicaliste pour leur prodiguer des promesses qu’il ne tient plus aujourd’hui ?...

 

Doit-on en conclure que Mittal c’est le rêve désenchanté ?....

 

Et aussi : le discours du gouvernement Hollande-Ayrault est-il d’essence dichotomique où de ramifications en  bifurcations multiples on s’éloignerait toujours plus du sens profond du mot socialisme ?....

 

Chacun pourra apporter son analyse et ses réponses à toutes ces questions, mais pour le PCF, les siennes ainsi que son analyse sont claires !!

 

Dans le cadre de l’intérêt général de l’industrie française et notamment du cas particulier de Mittal, le gouvernement aurait du aller jusqu’au bout du projet de nationalisation, il aurait ainsi monter sa volonté en matière industrielle et stratégique.

En agissant comme il l’a fait, il a renoncé à la relance durable et écologique via le procédé Ulcos du site de Florange.      

 

A ce sujet Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, déclarait :

«Après l’annonce du gouvernement, les hauts fourneaux de Florange vont rester à l’arrêt. De nombreux emplois sur le site continuent d’être menacés.

Le gouvernement parle d’absence de plan social mais donnerai son feu vert à des reclassements et des pré-retraites financés sur fonds publics.

Voilà la vérité sur l’accord annoncé entre Mittal el le gouvernement. Les fumeuses promesses d’investissements de Mittal, contraire à tous ses actes, ne sont en rien une garantie. Mittal continue de jouer les sites français et belges, les uns contre les autres.

 

Le PCF comprend la colère des salariés et élus locaux devant cette démission de la puissance publique. L’accord Mittal-gouvernement ne peut en aucun cas être un point final au dossier de Florange ni à celui de l’ensemble de la filière sidérurgique française. Les salariés ne doivent pas être à nouveau abandonnés aux griffes de Mittal.

Je demande la mise en place immédiate d'un comité national pluraliste associant syndicats, élus locaux, parlementaires, état, industriels et banques pour continuer dans la transparence à construire les solutions industrielles d’avenir inexistantes après cet accord. » 

 

Aujourd’hui, plutôt que de faire confiance aux salariés et à leurs représentants, le gouvernement a préféré les tractations avec Mittal…Sans aucune hésitation, il vient ainsi de flinguer un de ses ministres, celui dont la démarche est la plus à gauche !!...

 

Pour le PCF il est hors de question d’emboiter le pas à de telles orientations, à de tels agissements.

Ils n’augurent rien de bon pour notre industrie qui a perdu sous les mandatures précédentes de droite 750 000 emplois en 10 ans !!

 

Alors, la ministre Marisol Touraine peut toujours menacer. La rhétorique et le double langage de son parti, le PS ne prennent plus !!

Comment a t-elle osé dire vendredi dernier : « Les sénateurs du Front de gauche, à force de s'abstenir ou de voter contre les projets de loi du gouvernement, courent le risque de ne plus être écoutés par la majorité socialiste. »

 

Quand on sait que tous les amendements proposés par les élus du Front de Gauche sont systématiquement rejetés par les socialiste et leurs alliés EELV et PRG à l’Assemblée nationale ou au Sénat, cette dame devrait modérer ses propos !!...

 

Autant d’outrecuidance dépasse les bornes et madame Touraine devrait en prendre conscience….

A moins que cette posture se voulant péremptoire ne cache un début de tremblement inquiet, un manque d’arguments sérieux face aux vrais représentants de la gauche que sont les élus(es) du Front de Gauche et notamment les élus(es) communistes. 

 

Alors toute gonflée qu’elle veut se faire paraître madame Touraine et le gouvernement auquel elle participe sont-ils prêts à mettre sur l’ouvrage parlementaire les propositions que nous leur faisons pour en discuter sérieusement.

 

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Il s’agit, par exemple  pour nous  communistes  de :

 

-          Faire voter un loi pour interdire les licenciement boursier.

-          De faire rembourser les aides publiques par les entreprise qui licencient.

-          De mettre en place une taxe que les produits issus des délocalisations.

-          De mettre fin à la niche « Copé »

-          De créer un pôle public financier.

-          D’assurer un salaire de 1700 euros pour relancer la croissance par la consommation.

-          De donner plus de pouvoir aux salariés dans leurs entreprises au sein des institutions représentatives de personnel ( Comité d’Entreprise, CHSCT, Délégué Syndical, Délégués du personnel, C.A, Comités de surveillance etc…)

 

Qu’on ne vienne pas nous dire que les moyens n’existent pas quand on sait par exemple que la masse salariale a été seulement multipliée par 3,6 depuis 1981 alors que dans le même temps les dividendes l’ont été par 20 !!!...

 

Alors cap ou pas cap madame la ministre donneuse de leçon ?...

 

En attendant les Florange sont inquiets et comme de nombreux camarades du secteur industriel français ils ont raison de l’être. Mais ils peuvent compter sur notre engagement pour être auprès d’eux et à leur service car ce n’est pas le coût du travail qui tue l’emploi, mais le celui du capital… Qu’on se le dise !!

 

 

Jean-Marie Bernardi

Ex candidat FdG 4ième circonscription du Var.

 

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