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Publié par Jean-Marie Bernardi.

 referendum-pacte-copie-1.jpg

 

 

Contrairement à ses engagements de campagne, François Hollande ne renégociera pas le pacte budgétaire européen ( traité Sarkozy-Merkel ).

 

Sous prétexte d’avoir imposer un volet sur la croissance lors du Conseil européen des 28 et 29 juin dernier, le Président français et son gouvernement veulent faire valider, règle d’or comprise, les conclusions du Conseil.

 

Pourtant, durant sa campagne, le candidat Hollande qui voulait « ré-enchanter le rêve » s’était catégoriquement engagé à renégocier ce pacte et sa fameuse et dangereuse règle d’or : dispositif drastique soumettant les Etats à des sanctions en cas de dérapage budgétaires et pesant ainsi sur la souveraineté nationale.

 

A vois l’impatience du tandem Hollande-Ayrault à vouloir faire adopté le dispositif, le risque de passage en force en plein été ( méthode classique venant de la droite ) est réel !!...Peut-être même avant la fin du mois de juillet.

 

Comment peut-il s’y prendre ?...en recourant au Parlement ( Assemblée nationale + Sénat ) réunis en Congrès ou par la voie du référendum populaire.

 

-          Parions que François Hollande a déjà exclus la voie référendaire, échaudé par la victoire du NON au TCE de 2005 alors que son parti, le PS, soutenait très majoritairement l’Europe libérale avec le OUI.

-          Quant à l’option du Congrès, elle pose quelques difficultés d’image. En effet, le PS et ses alliés ( EELV, PRG, et MRC ) ne disposent pas à eux seuls des trois cinquièmes de voix nécessaires à l’adoption du texte ( 521 parlementaires sur 921 ).

 

La majorité présidentielle aurait besoin des voix de la droite qui sur ce sujet ne ferait aucune difficulté en référence à un texte coécrit par un autre tandem : Sarkozy-Merkel.

 

Une telle alliance entre la carpe et le lapin ne serait pas bonne pour l’image que veut incarner François Hollande en matière de positionnement et de changement…ou plutôt devrais-je dire celle qu’il vouait incarner tout au long de sa campagne.

 

tandem-Holl-Ayrault.jpgPris entre le rejet d’un référendum et la gêne de la voie parlementaire, le tandem Hollande-Ayrault pourrait opter pour un tour de passe-passe en faisant passer le dispositif par le truchement d’un loi organique.

Ainsi, François Hollande et son premier ministre satisferaient aux exigences de Bruxelles sans perdre la face aux yeux de ceux qui lui ont permis d’accéder au pouvoir. Mais le ficelle est trop grosse car la règle d’or, certes ne serait pas inscrite dans la constitution mais s’appliquerait tout de même.

 

Tour de passe-passe ou pas, le traité Sarkozy-Merkel, même assujetti d’un petite annexe sur la croissance reste un réel danger !!...

 

Si le passage en force avait lieu, François Hollande serait en contradiction totale avec ses engagements de campagne. Il tromperait le peuple qui a voté pour lui.

 

Il permettrait à la règle d’or de nous asservir encore plus aux marché financiers et à l’hyper libéralisme !!...

Il imprimerait une marque très négative pour toute la durée de sa mandature.

 

A ce jour, seules les voix des élus(es) du Front de Gauche se sont élevées sur les bancs de l’Assemblée nationale pour dénoncer une telle orientation, un telle dérive droitière.

 

Lorsque mon ami Alain Bocquet ( député PCF/FdG ) dénonce : « la transformation imminente des membres de l’hémicycle en euro-potiches »…il est dans le vrai.

 

Lorsqu’André Chassaigne, Président du groupe FdG indique : « Seul un débat démocratique avec une large participation populaire peut légitimement trancher sur la nécessité de nous conformer ou pas à un traité qui dessaisit le peuple de sa souveraineté. »…il est dans le vrai aussi.

 

Pour le Front de Gauche, ses élus(es), ses responsables politiques un seul mot d’ordre : se mobiliser pour l’organisation d’un référendum sur le pacte budgétaire européen.

 

En tout état de cause, aucun des députés ou sénateurs des groupes FdG ne voteront un tel texte dangereux pour les fondements même de notre démocratie.

 

Et dire que 25% des électeurs de François Hollande ont hésité lors du premier tour de la présidentielle à voter pour le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélechon….

Et dire que bon nombre des quatre millions d’électeurs du Front de Gauche ont porté leur voix sur les candidats PS, EELV, PRG ou MRC aux législatives pour asseoir la majorité Hollande.

 

Si c’était à refaire doivent-ils se dire ?....A l’avenir, il faudra savoir rebondir sur une telle erreur pour ne pas la re-commettre et pour donner à la vraie gauche tout son poids….

 

En attendant, en nous mobilisant nous pouvons empêcher que le carcan de l’austérité se referme sur le peuple qui n’a absolument pas besoin de ces mauvais coups de la part de ceux la même qui avaient tant vanté les mérites du débat démocratique et de la justice sociale lors de leur campagne….à moins qu’elle ne fût simplement démagogique et miroir aux alouettes…

 

Toutes ces thématiques doivent être au cœur de nos ateliers législatifs, au cœur de notre démarche Front de gauche pour de réelles réponses aux attentes populaires et du monde du travail.

 

Il y va ainsi de tout l’enjeu de l’éducation populaire et citoyenne. Il s’agit là d’un enjeu majeur de société pour notre pays afin que les citoyens soient les artisans de leur avenir.

 

En attendant on a les élus(es) que l’on mérite.

 

Jean-Marie Bernardi.

 

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