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Publié par Jean-Marie Bernardi.

 

 Le Sénat est né lors de la constitution  entre 1795 et 1799. Il s’appelait alors le Conseil des Anciens.

 

Comme l’Assemblée nationale cette institution de notre République détient le pouvoir législatif en concurrence avec elle.

 

Comme l’Assemblée nationale, le Sénat vote les lois mais n’a pas de pouvoir exécutif. Il vote le budget de l’Etat ainsi que les projets de lois émanant du gouvernement ou les proposition de lois émanant de parlementaires ( députés ou sénateurs ).

C’est aussi l’Institution qui représente les collectivités territoriales et toutes les lois les concernant passent dans son hémicycle avant d’aller à l’Assemblée. C’est l’article 24 de la Constitution française de la Vième République qui lui confère ce droit.

 

Au nombre de 348 à partir de cette année ( 343 avant ) les sénateurs sont élus(es) pour 6 ans et la moitié de l’effectif est renouvelable tous les trois ans ( depuis 2011). Les sénateurs et sénatrices siègent au palais du Luxembourg. Ils sont élus au suffrage indirect par 150 000 grands électeurs dont plus de 140 000 sont issus des conseils municipaux ( maires et délégués ). Les autres grands électeurs sont issus du corps des députés(es), des conseillers généraux et des conseillers municipaux.

 

Ce mode de scrutin serait à revoir totalement car il fait du Sénat un vase clos, une institution fermée. En effet, depuis l’avènement de la Vième République en 1958, l’institution n’a connu aucune alternance et a toujours été à droite et au centre droit. 

Selon moi, ce mode de scrutin suranné et anti démocratique devrait être remplacé par le suffrage universel qui prévaut dans toutes les autres élections françaises. 

 

Or, cette année, malgré ce mode de scrutin désavantageux pour la gauche, il s’avère que les chances du Sénat de basculer à gauche sont réelles avec les résultats électoraux enregistrés lors dernières municipales, des régionales et lors des cantonales.

 

Dans ce contexte il paraît important de garder toutes nos forces réunies pour réussir l’opération et détrôner la droite de son fauteuil. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire une telle victoire serait une première depuis 1958 !!...Mais il y a toujours un grain de sable dans les rouages de la machine pour éventuellement la bloquer et faire capoter l’opération….Il s’agit en l’occurrence du PG de Jean-Luc Mélenchon qui menace, une fois n’est pas coutume, de présenter sa propre liste en Île de France. Rappelons nous qu’avant d’être choisi pour représenter le Front de Gauche à la présidentielle de 2012 la petite phrase du vice président du PG… « sans moi tout sera cassé au Front de Gauche… » Et le manège continue de façon récurrente et de plus en plus lassante. Pourquoi faudrait-il le taire ?...

 

Le journal l’Humanité dont les acheteurs sont exclusivement communistes a écrit un article des plus édulcoré à ce sujet dans son édition du 3 août 2011.

 

Ne doit-on pas être plus ferme en faisant comprendre au PG que son attitude serait préjudiciable à l’unité au moment où le Front de Gauche en tant qu’outil de rassemblement se lance dans la campagne de 2012 pour l’élection présidentielle et législatives qui suivront ?...

 

Sous prétexte que J-L Mélenchon était sénateur PS avant d’aller au Parlement européen, le PG exige d’avoir une place éligible sur la liste de la gauche unie conduite  par son élu sortant J-V Placé ( EE- Les Verts ) car selon lui «  il n’est pas question de disparaitre du Sénat » ( deux élus sortants actuels ).

Aller vers une telle posture consisterait à faire prévaloir ses prétentions électoralistes sur la démarche unitaire et au final ce sont les candidats communistes qui risqueraient de faire les frais de cette nouvelle OPA. Ce serait suicidaire pour la chance de la gauche à être majoritaire dans cette assemblée !!...Certes le PCF peut  compter sur son réseau d’élus locaux en Ile de France ( 250 ) contre ( 40 ) au PG mais il est inadmissible qu’une fois de plus cette formation politique veuille grandir sur le dos de son principal partenaire qui a déjà fait de nombreuses concessions lors des élections précédentes et ce depuis les européennes.

 

Si je peux comprendre l’ambition du PG a prospérer, je ne comprends pas sa façon d’agir à l’égard des communistes. Il n’est pas question que les élus(es) communistes sortants dont le travail de résistance a été remarquable ( retraite, collectivités territoriales etc ..) fassent les frais d’une telle opération.

 

Malheureusement cette menace plane depuis des mois au dessus du Front de Gauche, avant même que J-L Mélechon ne soit choisi pour le représenter en 2012. Ce n’est pas un incident de parcours mais le résultat d’une stratégie bien huilée à mon avis.

Comme l’a déclaré Lydie Benoit chargé des élections au PCF accepter ce chantage équivaudrait à valider « le baiser de Judas ».

 

Le PG est un parti neuf dont les principaux responsables sont issus du PS. Il dispose aujourd’hui d’une représentation nationale qui est conforme voire supérieure à son implantation nationale réelle grâce aux efforts et à la main tendue par le PCF…Attention de ne pas se faire manger tout le bras !!...

 

Le sens du rassemblement de l’unité a toujours été au centre de la démarche communistes mais il y a parfois des limites à ne pas dépasser : celles de l’effacement.

 

Dans ce cadre les propositions faites au PG sont cohérentes et il devrait en être conscient en arrêtant ses postures capricieuses pour ne pas dire absolutistes.

En s’enfonçant dans ces exigences surestimées, en cas d’échec de la gauche lors de la sénatoriales de septembre 2011, le PG porterait une grande part de responsabilité, mais c’est lui qui voit.

 

Souhaitons que raison gardée, il saura se contenter de sa représentation actuelle sans surenchère. C’est toute la gauche qui en sortira grandit à quelque mois des élections de 2012 et avec elle la confiance indispensable qui doit être le lien avec le peuple qui soufrent et les classes sociales les plus défavorisées. Une victoire au sénatoriales serait un mini tremplin pour 2012.

 

En espérant que la victoire et que la fête soient belles en infligeant une gifle à cette droite cynique et hautaine.

 

Chacun peut revendiquer sa place mais rien que sa place. Comme le disait Etienne Fajon ( député PCF ) : « L’union est un combat, elle doit être gagnée dans la clarté du débat et sur le contenu des programmes. »

 

Le reste n’est que compte d’apothicaire et malheureusement  certains excellent dans ce domaine. 

 

 

Jean-Marie Bernardi, militant du PCF.

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