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Publié par Jean-Marie Bernardi.

 

 

 

 

Le dimanche est un jour de repos depuis la loi Sarrien du 13 juillet 1906 suite au conflit des mineurs du Nord, après la catastrophe de Courrières où un coup de grisou avait terrassé 1099 « gueules noires ».

Cette année là, à l’appel de la CGT, 50 000 mineurs défilèrent dans les rues de Paris le 1er mai.

Le 20 mai, la gauche remportait les élections de façon écrasante et la loi sur le repos du dimanche fut instituée. Auparavant elle avait été abolie le 12 juillet 1880.


Aujourd’hui, Sarkozy veut nous imposer un recul social de 103 ans !!…
Depuis la fin de 2008, c’est la quatrième fois, pugnacité oblige, que son gouvernement tente de faire adopter à l’Assemblée nationale un projet de loi sur le travail du dimanche.

Pour faire avaler la pilule, l’UMP se veut rassurante avec la tête pensante de l’Elysée : Henri Guaino, mais les arguties développées ne sont que purs mensonges.

De surcroît, Nicolas Sarkozy est prêt à tout pour imposer les « promesses » de campagne faites à ses amis de classe, les grands patrons, notamment à ceux des  enseignes de Plan de Campagne et au maire UMP de Marseille Gaudin.

Pour défendre son dossier il n’hésite pas à faire feu de tous bois ; il a même utiliser madame Obama et ses filles qui sans son intervention n’auraient pas pu faire leur shopping de luxe sur les champs Elysées …Il fallait oser !!…

Pire, même M. Lula, Président de gauche du Brésil et ancien syndicaliste vient à son secours en déclarant : « Je n’imagine pas une ville comme Paris (…) où un brésilien ne pourrait pas faire des achats le dimanche (…), ça permet de créer des emplois… » Mais M.Lula n’a pas précisé s’il s’agissait de brésiliens friqués ou d’un « résidant » des favelas en vacances à Panam !!…

 

Trêve de plaisanterie, la gauche unanime ainsi que les syndicats contestent en mettant en exergue les dangers d’une telle loi.

 

Fait encore plus marquant : il y a un mois, 50 députés de droite ( UMP et NC ), rappelés à l’ordre et convoqués par l’Elysée pour rentrer dans le rang, se prononçaient contre un telle loi.


Pour Roland Muzeau, député communiste,
 il s’agit « preuve à l’appui », de montrer que contrairement à ce que dit le gouvernement, « cette proposition supprime dans les zones touristiques le caractère volontaire du travail du dimanche ainsi que l’obligation de doublement de salaire et du repos compensatoire. »

En agissant ainsi, Sarkozy et ses lieutenants fabriquent un cheval de Troie qui a terme va faire exploser le code du travail déjà bien mis à mal.

500 zones sont aujourd’hui concernées par le dispositif ; très vite elles pourraient passer à 5 ou 6000 avant une généralisation tout à fait plausible avec de tels réactionnaires aux commandes du pays.

La proposition de loi est loin des garanties annoncées pour les salariés, elle dynamite le code du travail pour qui la norme devient de plus en plus la déréglementation.

 

La loi prévoit deux catégories de zones géographiques :

 

-         Les communes et les zones touristiques seront fixées par le préfet sur proposition des maires. Dans ce cas, tout devient possible sans aucune contre-partie pour le salarié.

 

-         Les périmètres d’usage de consommation exceptionnels ( PUCE ). Ils concernent les zones urbaines de plus d’un million d’habitants ( Paris, Aix-Marseille, Lille ), Lyon échappant à cette règle pour satisfaire quelques députés UPM locaux opposés à cette loi. Serait-ce de la politique à la carte ?…

 

-         Rien ne garantit des contreparties notamment salariales, sauf si accord collectif le spécifiant.

 J'ai écrit cet article en juillet 2010....La similitude avec la loi Macron est saisissante....Cherchez l'erreur.

 

sarkoesclavageweb.jpg

 

 

 

-         Le volontariat n’est pas garanti et dans les zones touristiques il y aura obligation de travailler, sous peine de licenciement en cas de refus.

 

-         Dans les PUCE, même si le salarié est un peu mieux protégé, les mesures discriminatoires et la pression risquent de devenir la règle.

 

-         Il n’existe pas de droit de retrait pour le salarié et cette loi est un piège qui se referme sur lui.

 

Côté arguments économiques, aucun n’est convaincant.Près de 60% des français considèrent que le travail du dimanche ne permettra pas d’améliorer le pouvoir d’achat, ni de créer des emplois…Le petit commerce a tout perdre avec ces dispositions au service des grandes enseignes en particulier.

Au final, la loi est discutée pendant que les français essaient tant bien que mal de profiter de leurs congés payés, ce temps libre arraché par la lutte au patronat dès l’épopée du Front populaire de 1936.

A nous de décrypter le discours lénifiant de Sarkozy au sujet du modèle social français. C’est un leurre, un chant de sirènes emportant dans des profondeurs antisociales abyssales ceux qui l’écoutent et qui le croient.

Comme l’écrivait Paule Masson dans un édito de « l’huma » : « Ce gouvernement valorise exclusivement une société avide  de consommation, un monde court qui conditionne les êtres humains au temps court de la rentabilité financière. »

Pour le PCF, « il est important de se préserver du temps pour vivre ensemble, pour se retrouver en famille, pour partager entre amis, pour se cultiver, se distraire, pour faire du sport, pour militer… » C’est plus important que de se soumettre aux impératifs du tout marchand.

Sarkozy à choisi son camp : c’est celui du recul social pour permettre à ses amis de réaliser toujours plus de profit.

Choissions le notre pour le bien du plus grand nombre car les moyens existent pour satisfaire les revendications. C’est une question de volonté politique à partager à gauche.

Il s’agit là du combat de classe dans lequel est engagé le PCF aux côtés du monde ouvrier, salarié, cadre, technicien et ingénieur.

Avec le travail du dimanche : c’est un question de fond qui est posée. C’est sur  un choix de société qu’il faut se prononcer.

 

Jean-Marie Bernardi.   

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